Stratégie de Souveraineté Alimentaire (2025-2034)

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Résumé

La Stratégie de Souveraineté Alimentaire (SSA) 2025-2034 du Sénégal est un document cadre visant à transformer le secteur agricole et agroalimentaire pour assurer la souveraineté alimentaire, réduire les importations et créer des emplois durables. Élaborée par le Ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage (MASAE), cette stratégie s'inscrit dans l'Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » et la Stratégie Nationale de Développement (SND 2025-2029). Elle s'aligne également sur des engagements internationaux comme l'Agenda 2063 de l'Union Africaine et les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Points clés

  • Contexte et justification : Le Sénégal importe 70 % de ses besoins alimentaires, représentant 1070 milliards de FCFA en 2022, soit un cinquième du budget national. La croissance démographique et les crises climatiques exacerbent cette dépendance.
  • Vision : Faire du Sénégal une « puissance agricole sous-régionale assurant durablement sa souveraineté alimentaire » d'ici 2034, avec une réduction substantielle des importations et une augmentation des exportations.
  • Objectif général : Assurer durablement la souveraineté en produits agricoles et d'élevage, tout en créant des emplois et des revenus décents pour les jeunes et les femmes.
  • Orientations stratégiques :
    • Amélioration de la productivité, des productions et de la valorisation agropastorales.
    • Renforcement de la recherche, de l'innovation, de la formation, de l'appui-conseil et du financement agropastoral.
    • Amélioration de la gouvernance de l'agriculture et de l'élevage.
  • Financement : Le coût global de la stratégie est estimé à 11 334 milliards de FCFA sur dix ans, avec une participation significative du secteur privé via des partenariats publics-privés (PPP).
  • Mise en œuvre : La stratégie sera déployée en deux phases (2025-2029 et 2030-2034), avec un accent sur les réformes structurelles, les infrastructures et la mobilisation des acteurs locaux.

Détails et éléments notables

  • Diagnostic du secteur agricole :
    • Les productions végétales (céréales, arachide, horticulture) et animales (viande, lait, œufs) montrent des tendances à la hausse, mais les rendements restent inférieurs aux moyennes africaines et mondiales.
    • Faible maîtrise de l'eau, dégradation des sols, et dépendance aux intrants importés sont des défis majeurs.
    • Les importations alimentaires (riz, blé, maïs, produits laitiers) pèsent lourdement sur la balance commerciale.
  • Programmes phares :
    • Coopératives Agricoles Communautaires (CAC) pour structurer les petits producteurs.
    • Programme des Fermes Modernes (PFM) pour attirer les investissements privés.
    • Grands Périmètres Agricoles du Sénégal (GPAS) pour améliorer la transformation industrielle.
    • Programmes spécifiques pour le riz, le blé, les huiles, le sucre, et les produits d'élevage.
  • Réformes prioritaires :
    • Révision de la Loi d'Orientation Agro-Sylvo-Pastorale (LOASP).
    • Réforme foncière pour sécuriser l'accès à la terre.
    • Digitalisation du foncier rural et modernisation des infrastructures publiques.
    • Renforcement des mécanismes de financement et de subvention.
  • Gouvernance et suivi :
    • Création d'un Comité de Coordination et de Pilotage de la SSA.
    • Mise en place d'un système de suivi-évaluation intégré, incluant des évaluations externes et un contrôle citoyen.
    • Plan de communication pour promouvoir l'attractivité du secteur et la consommation locale.
  • Risques et atténuation :
    • Risques climatiques, sanitaires (maladies animales), et géopolitiques identifiés.
    • Mesures d'atténuation : assurance agricole, surveillance épidémiologique, gestion durable des terres, et renforcement des capacités des acteurs.
  • Chiffres clés :
    • Contribution du secteur agricole au PIB : 15,5 % en 2023.
    • Budget global de la SSA : 11 334 milliards de FCFA sur 10 ans.
    • Objectif d'irrigation : 320 000 hectares d'ici 2029.
    • Restauration de 2 millions d'hectares de terres dégradées.
  • Acteurs et institutions :
    • Ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage (MASAE).
    • Partenaires techniques et financiers (PTF), secteur privé, organisations de producteurs, et collectivités territoriales.
    • Institutions de recherche : ISRA (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles), ITA (Institut de Technologie Alimentaire).
  • Références légales et stratégiques :
    • Loi d'Orientation Agro-Sylvo-Pastorale (LOASP) n° 2004-16 du 4 juin 2004.
    • Plan Sénégal Émergent (PSE) et Programme d'Accélération de la Cadence de l'Agriculture Sénégalaise (PRACAS).
    • Déclaration de Malabo (2014) et engagements de l'Union Africaine.
    • Objectifs de Développement Durable (ODD) et Accord de Paris sur le Climat.