Lettre de Politique Sectorielle de l'Agriculture et de l'Élevage (LPSAE/2025-2029)

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Résumé

La Lettre de Politique Sectorielle de l'Agriculture et de l'Élevage (LPSAE/2025-2029) du Sénégal définit la stratégie quinquennale du Ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage (MASAE) pour assurer la souveraineté alimentaire et transformer le secteur agropastoral. Ce document s'inscrit dans le cadre de l'Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » et vise à répondre aux défis structurels du secteur, exacerbés par les crises mondiales, le changement climatique et la dépendance aux importations alimentaires.

Points clés

  • La LPSAE/2025-2029 s'aligne sur la vision du « Sénégal 2050 » pour faire du pays une puissance agricole moderne et souveraine en matière alimentaire.
  • Elle cible cinq objectifs spécifiques : sécuriser la base productive, améliorer la disponibilité des produits végétaux et animaux, renforcer la recherche et le financement, et améliorer la gouvernance du secteur.
  • Le coût global de la stratégie est estimé à 1 979 milliards de FCFA, dont 1 405 milliards financés par des ressources publiques et 574 milliards par le secteur privé.
  • Les pôles territoriaux Sud et Centre captent près de la moitié des allocations budgétaires (48%).
  • La stratégie repose sur trois orientations : amélioration de la productivité et de la valorisation, renforcement de la recherche et des services agropastoraux, et amélioration de la gouvernance.

Détails et éléments notables

  • Contexte et justification :
    • Le Sénégal fait face à une insécurité alimentaire persistante, avec 3 078 418 personnes en situation d'insécurité alimentaire modérée et 679 889 en situation sévère en 2023.
    • L'agriculture et l'élevage contribuent à 15,5% du PIB et occupent 34% de la population active en 2023.
    • Le pays reste dépendant des importations alimentaires, avec 979,14 milliards de FCFA dépensés en 2023.
  • Diagnostic organisationnel et institutionnel :
    • Le MASAE est structuré en plusieurs directions et services, mais souffre d'un manque de coordination, de moyens logistiques et humains, et d'une instabilité institutionnelle.
    • Les engagements internationaux (ODD, PDDAA, Accord de Paris) sont partiellement respectés en raison d'un faible portage politique et d'un manque de financement.
    • Les parties prenantes incluent l'État, les organisations de producteurs, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers.
  • Analyse stratégique :
    • Le secteur privé est identifié comme un levier clé pour le développement, mais son implication reste limitée en raison de contraintes structurelles (accès au foncier, financement, énergie).
    • La territorialisation des politiques publiques est freinée par un manque de coordination entre acteurs locaux.
    • Les systèmes de production sont peu résilients face au changement climatique, avec des impacts négatifs sur la productivité et la sécurité alimentaire.
  • Bilan des politiques passées :
    • La Loi d'Orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP) de 2004 a permis des progrès limités, avec seulement 18 des 52 engagements réalisés.
    • Le Programme d'Accélération de la Cadence de l'Agriculture sénégalaise (PRACAS) et le Programme national d'Investissement agricole (PNIASAN) ont enregistré des résultats mitigés, notamment en raison d'un financement insuffisant.
    • Les productions céréalières et horticoles ont connu une croissance, mais les importations alimentaires restent élevées.
  • Stratégie de développement :
    • La vision de la LPSAE est de faire du Sénégal une « puissance agricole moderne sous-régionale assurant durablement sa souveraineté alimentaire ».
    • Les orientations stratégiques incluent :
      • L'amélioration de la productivité et de la valorisation des produits agropastoraux.
      • Le renforcement de la recherche, de l'innovation, de la formation et du financement.
      • L'amélioration de la gouvernance du secteur.
    • Les programmes d'action couvrent la maîtrise de l'eau, la gestion durable des terres, le renforcement du service semencier, la santé animale, et la digitalisation des procédures administratives.
  • Cadre de pilotage et suivi-évaluation :
    • Un Comité de Pilotage de la LPS sera mis en place, présidé par le Ministre de l'Agriculture.
    • Le suivi-évaluation reposera sur des revues semestrielles et annuelles, une évaluation à mi-parcours en 2027, et une évaluation finale en 2029.
    • Une Plateforme intégrée de gestion et de suivi-évaluation sera développée pour digitaliser les processus.
  • Références légales et réglementaires :
    • Décret n°2024-940 du 05 avril 2024 portant répartition des services de l'État.
    • Décret n°2024-964 du 08 avril 2024 relatif aux attributions du Ministre de l'Agriculture.
    • Loi d'Orientation n°2022-10 du 19 avril 2022 relative au Système national de Planification (SNP).
    • Loi n°2004-16 du 4 juin 2004 portant Loi d'Orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP).
  • Chiffres clés :
    • Budget annuel alloué à l'agriculture et à l'élevage : 248,1 milliards de FCFA en 2024 (contre 177,9 milliards en 2020).
    • Production céréalière : 4 015 165 tonnes en 2023 (contre 2 768 798 tonnes en 2019).
    • Production de viande : 297 528 tonnes en 2021 (contre 251 362 tonnes en 2017).
    • Production d'œufs : 1 378 millions d'unités en 2022 (contre 736 millions en 2018).