Loi Organique n° 92-27 du 30 Mai 1992 portant Statut des Magistrats
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Résumé
La Loi Organique n° 92-27 du 30 mai 1992 porte sur le statut des magistrats au Sénégal. Elle vise à renforcer les garanties accordées aux magistrats de toutes les juridictions, dans le cadre de l'approfondissement de l'État de droit et de la modernisation du système judiciaire. Ce texte remplace une loi ordinaire par une loi organique et étend son application à tous les magistrats, y compris ceux du Conseil d'État et de la Cour de Cassation. Il introduit des modifications structurelles, telles que la suppression de la Commission d'avancement des magistrats du Parquet et leur intégration sous l'autorité du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Points clés
- Application du statut à tous les magistrats (Conseil d'État, Cour de Cassation, Cours et Tribunaux).
- Suppression de la Commission d'avancement des magistrats du Parquet, désormais sous l'autorité du Conseil Supérieur de la Magistrature.
- Revalorisation de certaines fonctions judiciaires (ex : Directeur de service à l'Administration Centrale équivalent à un Président de section au Conseil d'État).
- Conditions d'ancienneté renforcées pour accéder à des emplois du premier groupe du premier grade (3 ans d'ancienneté requise).
- Intégration des magistrats des tribunaux (ancien corps des juges de paix) au corps des magistrats des Cours et Tribunaux.
- Inamovibilité des magistrats du siège, avec des exceptions pour les nécessités de service.
- Incompatibilités et devoirs des magistrats (interdiction d'adhérer à un parti politique, incompatibilité avec tout mandat électoral).
- Sanctions disciplinaires et procédures associées (réprimande, déplacement d'office, révocation, etc.).
- Conditions de recrutement, notation, avancement et cessation des fonctions des magistrats.
Détails et éléments notables
- Références juridiques :
- Loi organique n° 24/92 (projet initial).
- Articles 5, 6, 8, 10, 11, 13, 14, 17, 20, 30, 33, 42, 46, 47, 49, 52, 55, 62, 69, 70, 71 et 72 de la présente loi.
- Référence aux articles 661 et 662 du Code de procédure pénale (Article 14).
- Acteurs et institutions :
- Conseil Supérieur de la Magistrature.
- Conseil d'État et Cour de Cassation.
- Cours d'Appel et Tribunaux régionaux/départementaux.
- Garde des Sceaux, Ministre de la Justice (Monsieur Serigne Lamine DIOP).
- Assemblée Nationale (VIIIe Législature, Commission de la Législation, de la Justice, de l'Administration générale et du Règlement Intérieur).
- Rapporteur : François SARR.
- Modifications statutaires :
- Suppression du passage automatique hors hiérarchie pour certains magistrats après 5 ans de fonctions.
- Érection en emploi des fonctions de Doyen des Juges d'Instruction dans un Tribunal Régional hors-classe.
- Condition de 20 ans d'expérience professionnelle pour les professeurs de droit et avocats nommés Conseillers d'État ou à la Cour de Cassation.
- Dispositions transitoires :
- Intégration des magistrats du corps des tribunaux (ancien corps des juges de paix) au corps des magistrats des Cours et Tribunaux (Article 71).
- Possibilité exceptionnelle de placement hors hiérarchie pour les magistrats avec 12 ans d'ancienneté (Article 70).
- Hiérarchie et classification :
- Deux grades dans la hiérarchie judiciaire, avec des groupes distincts pour chaque grade.
- Liste détaillée des fonctions hors hiérarchie (Article 3) et des rangs individuels (Article 23).