Déclaration de Politique Générale
PDF - 663 Ko
Résumé
Le Premier Ministre Ousmane Sonko a présenté devant l'Assemblée nationale du Sénégal, le 27 décembre 2024, la Déclaration de Politique Générale du gouvernement pour les cinq prochaines années. Ce discours marque une volonté de rupture systémique avec les pratiques passées et définit une vision à long terme pour un « Sénégal Souverain, Juste et Prospère » d'ici 2050. Le Premier Ministre a dressé un état des lieux critique de la situation économique, sociale et démocratique du pays, tout en exposant les mesures immédiates de redressement et les sept ruptures majeures envisagées pour transformer les politiques publiques.
Points clés
- Diagnostic du Sénégal actuel :
- Modèle économique colonial persistant, faible croissance (3,1 % en moyenne depuis 1960), déficit commercial de 3 300 milliards FCFA en 2023.
- Crise sociale marquée par un chômage élevé chez les jeunes et une défiance envers les institutions.
- Démocratie fragilisée mais résiliente grâce à l'engagement citoyen.
- Mesures immédiates de redressement (avril-décembre 2024) :
- Audit des finances publiques (2019-2024) révélant des déficits et dettes sous-évalués.
- Revue des contrats dans les secteurs stratégiques (mines, pêche, énergie).
- Audit des ressources humaines : 29 000 contractuels recrutés en marge de la réglementation.
- Déclaration de patrimoine des membres du gouvernement.
- Lutte contre la corruption et la gestion foncière illégale (accaparement de terres, occupation du Domaine Public Maritime).
- Assises de la Justice et protection des lanceurs d'alerte.
- Souveraineté nationale :
- Non-renouvellement des accords de pêche avec l'Union Européenne.
- Réforme du Franc CFA et discussions avec la BCEAO.
- Fermeture des bases militaires étrangères.
- Politique étrangère recentrée sur l'Afrique et la diplomatie de carrière.
- Sept ruptures majeures :
- Retour de l'ambition nationale et confiance en les compétences locales.
- Passage d'une logique de court terme à une planification sur 25 ans (Vision Sénégal 2050).
- Logique de résultats plutôt que de dépenses (impact des dépenses publiques).
- Participation citoyenne et rejet de la gestion partisane.
- Décentralisation et gestion territorialisée.
- Équité et justice sociale (reddition des comptes, transparence).
- Modernisation de l'administration publique (performance, digitalisation).
- Stratégie opérationnelle 2025-2029 :
- Quatre axes : économie compétitive, capital humain, aménagement durable, bonne gouvernance.
- Objectif : tripler le revenu par habitant avec une croissance annuelle minimale de 6,5 %.
- Réformes fiscales : élargissement de l'assiette, lutte contre la fraude, rationalisation des exonérations (2 232 milliards FCFA de dépenses fiscales entre 2019-2022).
- Rationalisation du train de vie de l'État (16 % du PIB en 2024).
- Mobilisation des ressources domestiques (obligations « Patriotes », fonds d'investissement alternatifs).
- Secteurs prioritaires :
- Économie : Industrialisation, agriculture (irrigation, coopératives), pêche durable, mines (transformation locale), tourisme, numérique.
- Capital humain : Éducation (obligation scolaire de 10 ans, filières STEM), santé (couverture universelle, industrialisation pharmaceutique), protection sociale (réforme du Code de la Sécurité sociale).
- Développement durable : Transition énergétique (40 % d'énergies renouvelables d'ici 2030), gestion des déchets, économie circulaire, résilience climatique.
- Sécurité et défense : Loi de Programmation Militaire (2035), renforcement des capacités, départementalisation de la sécurité.
- Intégration africaine : Ratification du Protocole de Malabo, renforcement des relations avec les pays africains, ZLECAf, gazoduc africain atlantique.
- Réformes clés :
- Indépendance de la Justice et démocratie participative.
- Loi d'accès à l'information publique et transparence des rapports d'audit.
- Réforme foncière et planification territoriale.
- Assainissement du champ politique (financement des partis, statut de l'opposition).
Détails et éléments notables
- Références juridiques et institutionnelles :
- Loi n°89-36 du 12 octobre 1989 modifiant la loi n°81-17 du 6 mai 1981 (financement des partis politiques).
- Article 4 et 58 de la Constitution (financement des partis et statut du chef de l'opposition).
- Loi n°2017-32 modifiant la loi n°2006-03 relative à la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC).
- Loi d'orientation agrosylvopastorale (LOASP) en cours de révision.
- Chiffres et montants :
- Déficit commercial : 3 300 milliards FCFA (2023).
- Dépenses fiscales : 2 232 milliards FCFA (2019-2022).
- Train de vie de l'État : 16 % du PIB (2024).
- Plan spécial pour la Casamance : 54 milliards FCFA (2024-2025).
- Coût du déminage en Casamance : 15 milliards FCFA.
- Subvention agricole : 120 milliards FCFA (2024).
- Prix plancher de l'arachide : porté de 280 FCFA à 305 FCFA/kg.
- Programmes d'assainissement : 285 milliards FCFA (PDGI) et 77 milliards FCFA (Programme d'Assainissement des Dix Villes) sans résultats tangibles.
- Acteurs et institutions :
- Président de la République : Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
- Agences et structures : ANRAC (Agence nationale pour la Relance des Activités économiques en Casamance), ANSD (Agence nationale de la Statistique et de la Démographie), ISRA (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles), SENELEC, ARTP, FONSIS, CDC (Caisse des Dépôts et Consignation).
- Partenaires internationaux : FMI, Banque Mondiale, BCEAO, BAD, BOAD, BIDC, BADEA, BEI.
- Projets et initiatives :
- Master Plan décennal (2025-2034) et Plan d'Actions Quinquennal (2025-2029).
- Projet « Gas to power » pour réduire le coût de l'énergie (60 FCFA contre 110 FCFA actuellement).
- « Autoroutes de l'eau » pour un accès universel à l'eau potable.
- Création d'une Agence pour la mobilisation des experts sénégalais en Afrique.
- Haute Autorité de la Diaspora et banque de la Diaspora.
- Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.
- Valeurs et principes :
- « JUB, JUBAL, JUBANTI » : principes de probité, intégrité et exemplarité dans l'administration.
- Patriotisme économique et souveraineté nationale.
- Équité sociale et justice (« rebasing social »).